Parentalité inspirante

Comment se faire des amis?

Comment se faire des amis

Votre enfant a-t-il du mal à se faire des amis? Ou peut-être vous-même avez l’impression que vous pourriez être davantage ou mieux entouré?

Je vous propose quelques idées pour aider vos enfants à créer des liens. Et ne pourquoi pas y puiser vous aussi?!

Je m’inspire du livre “Comment se faire des amis”, de Dale Carnegie (dont j’ai lu un bon résumé) et je transpose à la parentalité certains principes expliqués par David Laroche. Enfin, j’ajoute une petite touche personnelle, tirée de mon expérience.

Pourquoi les amis sont-ils importants?

Pour se construire et se développer comme il faut, tout enfant a besoin d’amis.

Peut-être connaissez-vous la pyramide de Maslow, le sentiment d’appartenance est le troisième besoin, après le besoin physiologique et le besoin de sécurité. Si ce besoin n’est pas satisfait, il sera difficile pour l’enfant de remplir les besoins d’estime et d’accomplissement de soi. Nous sommes des êtres sociaux et les relations ont un rôle primordial dans notre épanouissement.

De plus, quoiqu’on en dise, nous sommes des êtres émotionnels qui ont besoin de la bienveillance. De la part de nous-même et des autres.

 

1. L’importance d’être soi-même

Pour être bien et heureux, il est vital d’être soi-même. Il est important d’agir en fonction de son coeur et de ses aspirations profondes. Il est essentiel d’être aligné avec soi, et non avec ce que l’on pense que les autres attendent de nous. Paradoxalement, c’est lorsqu’on est “prêt à être seul”, qu’on attire à soi les bonnes personnes.

Encouragez votre enfant à être lui-même. Soutenez-le à être la personne qui il est, avec ses choix, ses goûts. N’essayez pas de l’influencer, dans ses choix de jouets, d’activités, de vêtements, etc. Soyez à l’écoute de ce qu’il essaie (sans le savoir) de vous dire. Ne le jugez pas. Aimez-le de façon inconditionnel et exprimez-lui cet amour.

2. Le sourire magique

Le sourire est une vraie “fabrique de liens”. Il marque la connexion à l’autre. C’est d’ailleurs l’un des premiers langages du bébé. Il apporte de la joie et il est contagieux. On sourit quand on est heureux, et le sourire apporte également un sentiment de bonheur.

Provoquez le sourire chez votre enfant. Faites le rire, avec des blagues ou votre gestuelle. Souriez-lui beaucoup, souvent, il vous imitera. Dites-lui qu’il a un beau sourire. J’adore quand mon fils rigole, cela me donne des fous-rires. On se regarde et on part en éclats de rires ensemble. Quels moments de complicité! Si votre enfant est plus grand, demandez-lui s’il préfère les personnes souriantes ou qui font grise-mine? Il prendra vite conscience de l’effet d’un sourire.

 

Comment se faire des amis

3. Poser des questions et écouter les réponses

Poser des questions à une personne montre qu’on s’intéresse vraiment à elle.

Nous sommes tous pareils: nous aimons que l’on s’intéresse à nous et chacun aime parler de soi. Dès lors, poser des questions à quelqu’un va l’inviter à parler de soi. Ce qui est justement ce que la personne aime faire le plus! Certaines personnes un peu timide ont peur de poser des questions car elles craignent d’être indiscrètes. C’est une erreur. Il ne faut pas hésiter à poser des questions: l’interlocuteur donnera la réponse qui lui convient.

Posez des questions à vos enfants et écouter activement leurs réponses. Sur leur journée à l’école, leur meilleur ami, leur examen le plus difficile, leur passion, leurs craintes, etc. Comme ils apprennent par l’exemple, ils verront qu’il est normal de poser des questions à quelqu’un lorsqu’on s’intéresse à lui.

S’ils sont plus grands, on peut leur expliquer en quoi consiste s’intéresser réellement aux autres et comment cela peut créer des amitiés. Comment votre enfant se sent-il quand vous l’invitez à parler? Aime-t-il cela? Se sent-il important et reconnu? Il peut donner ce même sentiment de reconnaissance à un copain s’il lui pose des questions et écoute ses réponses.

4. Chercher des points communs

Un merveilleux moyen de renforcer le sentiment d’appartenance évoqué plus haut, c’est de se trouver des points communes avec les autres. Comment s’y prendre?

On parlant soi-même de ce qu’on aime vraiment, qui nous passionne ou qui nous intéresse réellement (et pas ce qu’on pense que la personne en face de nous aimerait que nous disions). Et en questionnant les autres sur leurs centres d’intérêt. Combien de fois vous est-il déjà arrivé de connaître quelqu’un pendant des années sans savoir ce qu’il aime. Et un jour, par hasard, à la pause café ce collègue se met à parler de la voile. Qui se trouve justement être un domaine que vous souhaiteriez découvrir!

Avec vos enfants, vous pouvez faire le même exercice. Par exemple, j’arrive à une fête avec mon garçon. Je vois un autre petit jouer avec des voitures, la grande passion du mien. Du coup je lui dis: “Regarde, le petit garçon a l’air d’aimer les voitures autant que toi. Tu veux aller lui montrer la tienne?” Et généralement, ça marche super bien! Il y va et ils se mettent à jouer ensemble. Je l’encourage ainsi régulièrement. Maintenant, il le fait même spontanément. Pour les enfants plus grands, l’approche peut évidemment être verbale.

Si votre enfant est libre d’avoir ses centres d’intérêt (sans jugement), qu’il a confiance en lui, il ira les partager avec les autres. Et s’il a l’habitude qu’on l’interroge ouvertement sur ce qui l’intéresse, il en fera de même. Pour stimuler les enfants dans ce sens, intéressez-vous à leurs intérêts, sans les juger. J’évite de dire “ça c’est bien”, “ça c’est mal”, par exemple.

5. Éviter de critiquer et de se plaindre

Globalement, nous ne sommes pas attirés vers les gens négatifs, qui trouvent toujours des choses à redire sur tout. Nous sommes attirés vers les personnes avec de l’humour, qui “allègent” l’atmosphère, qui se prêtent volontiers à la conversation, aux jeux, etc.

Déjà sans le nommer, les enfants ressentent un malaise par rapport aux personnes négatives. Si votre enfant a tendance à critiquer et à se plaindre, regarder d’abord dans votre entourage qui fait de même. Si c’est vous, ses parents, une première action (et une bonne occasion) c’est de se remettre un peu en question et d’y faire attention. Vous y gagnerez au même titre que votre enfant (je parle en connaissance de cause – voir l’article “Arrêter de râler“). Ensuite, mettez de la conscience sur ces comportements chez lui, en disant par exemple: “Ok j’ai compris que cette sortie d’école ne t’a pas plu pour x raisons. Mais quelles sont les choses qui t’ont quand même fait plaisir”?

6. Complimenter sincèrement

Il est facile de dire ce qui ne va pas (chez soi, son mari, ses collègues, ses enfants, etc.). En revanche, il est plus difficile de faire des compliments sincères. Bizarrement, c’est une habitude moins courante. Or, si vous êtes capable de faire des compliments (pas de la flatterie, de vrais compliments), cela vous permettra de tisser bien des liens – car nous sommes des êtres émotionnels.

Complimentez votre enfant! Les progrès qu’il fait, les petites réussites, les efforts. Il ne faut pas faire des éloges débordantes (apparemment trop ce n’est pas bon pour l’égo non plus), mais des mots bien placés et ressentis réellement. Encouragez-le aussi à faire des compliments. A exprimer en toute simplicité, son appréciation de quelque chose. S’il trouve que le gateau de grand-mère est bon, invitez-le à ce qu’il lui dise. S’il trouve que son copain a un beau chien ou que la nouvelle petite fille de la classe est gentille, qu’il leur dise!

7. Éviter les disputes

Pour avoir des amis (et les conserver), il faut absolument éviter les disputes. Dans les disputes, il n’y a jamais de gagnant. Si vous démontrez que vous avez raison (et donc que l’autre a tout faux), vous le blessez dans son amour-propre, donc vous n’y gagnez rien car il rejettera votre argumentation. Si au contraire, vous avez tort (ce qui peut toujours arriver…), là c’est vous qui en prenez un coup.

Apprenez aux enfants à lâcher-prise. Au lieu de réfuter leurs arguments, il vaut mieux dire “ça c’est ton opinion”. Quand ils sont plus grands, expliquez-leur que ce n’est pas forcément important de savoir qui a raison/ qui a tort. Il vaut mieux essayer de trouver des terrains d’entente. Dans le cas d’une dispute avec vous, faites la paix, puis demandez-lui de mettre des mots sur ses émotions: comment il se sent? A-t-il eu l’impression que son opinion était moins importante? Qu’est-ce que ça lui fait? En un mot, allez susciter l’empathie.

Le principe de base est d’éviter de dire/faire sentir aux personnes qu’elles ont tort car c’est le meilleur moyen de les blesser et d’endommager la relation. Cela s’applique également à la relation parent-enfant: éviter le plus possible les phrases du type: “Je te l’avais bien dit!”, “Tu vois maman avait raison, elle sait mieux car elle a plus d’expérience, etc.), “Qu’est-ce que je t’avais dit?”.

8. Admettre quand on a eu tort et s’excuser

Tout est dit. C’est là une attitude noble, qui génère le respect.

Si par exemple, vous perdez votre calme et crier sur les enfants, excusez-vous auprès d’eux et admettez que vous avez eu tort de vous emporter ainsi. Et ce même si, par son comportement, votre enfant “vous a provoqué”. Ils verront que l’erreur est humaine et que pour la réparer, le premier pas c’est de l’admettre. N’oubiez pas vous êtes leur modèle et ils sont vos petits miroirs.

De même, dans leurs interactions avec les autres, n’hésitez pas à leur rappeler de s’excuser s’ils ont mal agi. S’il y a eu une bagarre à l’école par exemple, il est très bien vu que les parents s’excusent aux autres parents (par email ou téléphone par exemple). Encouragez aussi votre enfant à faire un “dessin de pardon” qu’il peut offrir à la personne qu’il a blessée.

9. Inviter des gens, être souvent entouré

Invitez des amis à la maison, ayez une vie sociale riche et épanouissante!

Les enfants vous verront interagir avec d’autres personnes. Ils observeront comment vous régler vos différends, comment vous vous parler. Être entouré deviendra normal pour eux, et ils auront davantage envie d’établir des relations.

Invitez également leurs petits amis, si ce n’est pas encore le cas. Les fêtes d’anniversaire et autres peuvent parfois sembler un peu “laborieuses” dans certains cas, mais c’est un merveilleux moyen de sceller des amitiés. Je parle d’expérience. Lorsque j’étais enfant, mes parents (qui sont d’une autre culture et plutôt à l’ancienne) ne voyaient pas trop l’intérêt de ce type de fête. Et puis cela revenait cher s’il fallait participer aux anniversaires des autres. Je dois avouer que je me suis toujours sentie triste par rapport à cela. Comme nous n’invitions personne et que les parents ne me laissaient pas vraiment aller aux anniversaires des autres, rapidement plus personne ne m’invitait. Du coup, cela me tient à coeur que mon fils puisse vraiment sociabiliser avec les autres grâce à ces événements. Et en usant d’ingéniosité, cela ne doit même pas revenir très cher!

 

Comment se faire des amis

10. Éviter de critiquer vos amis (et les leurs!) devant vos enfants

Attention à ce point-ci, car nous avons tous le mot qui part un peu facilement, sans que l’on s’en rende forcément compte. Je l’ai remarqué à la tête de mon fils un jour. Je faisais une remarque pas très gentille sur une de ses éducatrices, il a fait une de ces têtes! Le pauvre, il m’écoutait la bouche entrouverte, les larmes aux yeux…

Si vos enfants voient que vous dites du mal des amis (ou mêmes des gens en général), ils seront davantage tentés de faire de même. Mais probablement avec moins de tact… et devant eux!

De plus, s’ils aiment bien quelqu’un, c’est dommage d’entâcher leur affection avec “nos problèmes d’adultes”. Généralement, cela leur fait mal au coeur d’entendre dire du mal de quelqu’un qu’ils apprécient. Et cela porte confusion à leurs sentiments. Alors autant les ménager…

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