Parentalité inspirante

Les enfants et la méditation – bonne idée ou pas?

meditation

Il y a encore peu, le mot “méditation” ne me disait pas grand chose. Je me disais “pas pour moi”. Je ne suis pas boudhiste!

Ensuite, par un heureux hasard, j’ai découvert la pleine conscience, dont je vous parle souvent (pour en savoir plus, cliquer ici). La méditation en est une des composantes principales. Et croyez-le ou non, la méditation est petit à petit devenu une partie intégrante de mon hygiène de vie. Comme se brosser les dents!

Et je ne suis pas la seule à en bénéficier: je suis beaucoup plus calme, ce qui profite à mon mari et à mon fils! Et ce n’est pas tout, puisque j’introduis mon loulou tout doucement à cette pratique…

Mais c’est quoi la méditation, au fait?

Si vous êtes comme moi il n’y a pas longtemps, vous pensez peut-être que méditer c’est ne “penser à rien”.

“Penser à rien”, mettre son cerveau sur un bouton “pause” serait vraiment sympa de temps en temps, non? Mais la méditation ce n’est pas “penser à rien”. “Penser à rien” est très difficile. Vraiment! Essayez!

Du moment que vous ne voulez penser à rien, vous allez être submergé de pensées venant de toutes les directions!

Non, la méditation est plus accessible que cela. Elle consiste à se focaliser sur une chose unique pendant 1 minute, ou 2 ou 5 ou 30 ou plus si affinité. Vous pouvez vous focaliser pendant x minutes sur une bougie qui brûle. Si des pensées vous viennent, laissez-les repartir et concentrez-vous à nouveau sur la flamme de la bougie. Voilà, vous méditez!

La chose sur laquelle se focaliser la plus communément utilisée est la respiration. Pratique, vous avez toujours votre souffle sur vous. Il s’agit d’observer l’air frais qui rentre dans ses narines, puis qui en ressort plus chaud. Et ce pendant quelques minutes.

Mais ça va servir à quoi?

Quelle peut être l’utilité à m’oberver respirer? En quoi est-ce que cela pourrait me rapporter plus de bien-être? C’est tellement simple que ça en est presque ridicule, non?

Si l’art de la méditation fait ses preuves depuis des siècles, son utilité n’a été scientifiquement démontrée que récemment.

Voici ce que j’ai retenu de la formation en pleine conscience que j’ai effectuée: “notre cerveau fonctionne comme un GPS. Il a un objectif à atteindre et il calcule la manière d’y arriver. Le “problème”, c’est qu’il n’est pas possible d’éteindre ce GPS. Il n’arrête pas de recalculer le passé, le futur. Il calcule où vous êtes et où vous voudriez/devriez être et mesure la distance entre ces deux points. D’où le stress, l’insatisfaction, les regrets, l’anxiété. Nous sommes pour la plupart du temps coincé en mode “faire” quelque chose, pour arriver quelque part.

Non, je rigole! Il y a une manière d’éteindre ce GPS. Mais pas en mode “faire”. Il faut passer en mode “être”. Sortir du retour dans le passé (source de dépression) et de la projection dans le futur (source d’anxiété) et intégrer pleinement le présent.

Aussi bizarre qu’il puisse y paraître, observer sa respiration (où autres sensations dans son corps) permet de s’ancrer dans le présent, de passer en mode “être”. Ici et maintenant. Et de faire taire ce GPS qui nous prend parfois vraiment la tête.

Se focaliser sur notre respiration nous apprend à nous concentrer sur une chose à la fois. Et mettre de côté le multitâche, qui est en réalité épuisant et peu productif (pour en savoir plus, cliquez ici). La méditation permet de créer de nouvelles connexions cérébrales, qui peuvent nous sortir de l’emprise de nos émotions.

Nos émotions et leur pouvoir absolu

Nous sommes des êtres d’émotions.

Toutefois, depuis notre plus jeune âge, on nous apprend à réprimer nos émotions. “Arrête de pleurer. Arrête de t’exciter. Ne ris pas si fort. Arrête de te fâcher. Ne sois pas triste. Tu devrais être content”.

Résultat des courses? Vous pensez que ces émotions disparaissent? Non, elles sont réprimées, elles se camouflent et sont prêtes à exploser, comme une éruption volcanique.

Au lieu de nous servir (car c’est bien là leur rôle), elles se mettent à nous contrôler. Et nous en sommes prisonnier. “Je suis triste. Mais je ne veux tellement pas être triste. Je n’ai pas le droit, j’ai tout ce dont j’ai besoin. Suis-je une mauvaise personne, etc.” Cela vous parle? Impossible de se défaire de ces émotions!

En réalité, nos émotions ne sont pas des geôliers. Elles sont des guides. Nos émotions nous parlent pour nous dire: “OK tu es en accord avec tes valeurs” ou “non, là ça ne va pas, tu bafouilles ce qui est le plus important pour toi”.

Comment s’expriment nos émotions?

Nos émotions s’expriment dans notre corps. On ressent des “papillons dans le ventre”, on a “la gorge serrée”, on a “froid dans le dos”, etc.

Si on est prêt à écouter l’expression de nos sentiments dans notre corps, on ne devient pas prisonnier de ses émotions. Elles ont dit ce qu’elles ont à dire. Puis s’en vont. Cela ne dure que quelques minutes.

Si au contraire, on veut les ignorer, comme on nous a appris à le faire, c’est une autre histoire. Et on perd le fil de qui on est et de ce qu’on veut vraiment.

La méditation c’est pour qui?

La méditation est vraiment pour tout le monde, car elle a de nombreux bénéfices au niveau de la santé (notamment meilleure concentration, renforcement du système immunitaire, etc).

Toutefois, je pense que ses bienfaits sont les plus visibles chez les personnes ayant du mal à maîtrises leurs émotions (comme moi il n’y a pas très longtemps), dépressives, dépassées par les événements, en situation de burn-out, etc.

Ainsi, j’en arrive enfin aux enfants.

La méditation est très utile pour les personnes qui ont du mal à maîtriser leurs émotions. Or les enfant font souvent parti de cette catégorie de personnes. Les colères dans les supermarchés, les crises pour la “mauvaise” couleur du gobelet en plastique, etc. ça vous parle?

Comment apprendre la méditation à ses enfants?

De nombreuses méthodes existent aujourd’hui pour initier les enfants à la méditation.
Quelques classes, dans certaines écoles, ont même commencé à l’introduire dans leur programme.

En tant que parents, comment pouvons-nous faire?

Différents ouvrages sont récemment sortis pour ce faire. Je pense par exemple au livre “Calme et attentif comme une grenouille”, d’Eline Snel. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire moi-même, mais il semble être devenu la référence en matière de méditation pour le jeune public (je vous en ferai une revue très bientôt).

Sinon?

Tout dépende de l’âge de votre enfant, bien sûr.

Mon fils étant encore tout petit (preque 2 ans), j’aurais bien du mal à l’asseoir en position de grenouille!

En revanche, il est en plein dans l’âge de l’imitation. Par conséquent, je l’”expose” à la méditation en le laissant me voir la pratiquer (même si ces séances ne sont pas les plus performantes vu les distractions!). Montrer l’exemple est la meilleure manière d’inscrire la pratique dans une envie et un mode de vie.

Aussi, au moment du coucher, nous avons instauré un nouveau rituel : une fois qu’il est dans son lit, que les lumières sont éteintes, je prends place dans le fauteuil de sa chambre. Je prends trois grandes inspirations et expirations pour me relaxer (ce qui a pour effet de me faire bâiller). Puis, je respire par le nez en me concentration sur l’air entrant et sortant (ce qui a pour effet de ralentir ma respiration). Pendant tout ce temps, le petit a aligné sa respiration sur la mienne, a bâillé avec moi et a ralenti son souffle. En quelques minutes, s’il n’est pas profondément endormi, il est au moins rentré dans un calme propice à l’endormissement.

Cela n’a évidemment par marché de suite. En fait, je n’avais pas la moindre idée qu’on arriverait à un tel résultat! Tout a commencé quand il avait ses angoisses au moment de l’endormissement. Je m’asseyais dans sa chambre (je l’explique dans le post ici) pour le rassurer. Histoire de m’occuper, je me suis dit que je pouvais profiter de ces 5 – 10 minutes pour méditer. Et voilà le résultat!

Autres astuces

Une autre astuce que j’ai vue sur internet et expérimenté avec mon loulou: le “ohm”.

Quand il est excité, qu’il pleure, etc.(par ce qu’il est fatigué ou autre), je le prends dans les bras et je dis un long “ooooooohmmmmm”. Je le répète plusieurs fois. Dans la plupart des cas, il finit par se joindre à moi et on le chante ensemble. Effet calmant garanti! Testez-le avec votre enfant lors de la prochaine crise!

Sur le même modèle, un autre qui marche bien chez nous, c’est de prendre mon petit dans les bras lorsqu’il pleure ou fait une crise, et de prononcer d’une voix très zen “caaaaaalme”. Je le fais à quelques reprises, et généralement cela marche plutôt bien.

Aussi, il est très réceptif à de l’eau qui s’écoule. Robinet, ruisseau, caniveau : quand j’attire son attention dessus, il se plonge en contemplation (comme l’effet de la flamme que je décris plus haut). Entre méditation et pleine conscience… Trouvez vous-aussi ce qui peut ainsi capter l’attention de votre enfant et lui faire du bien!

Enfin, s’il est plus grand et est à l’âge approprié pour utiliser les écrans n’hésitez par à trouver des méditations pour enfants en ligne. Youtube regorge de trésors, dont voici un exemple:

 

Parole du Dalaï-Lama!

Pour finir, je voudrais citer ces paroles du Dalaï-Lama, qui sont porteuse d’un grand espoir – alors pourquoi ne pas essayer, chacun à notre niveau? Changer le monde, une vie à la fois 🙂

meditation

 

Prenez bien soin de vous chers artistes de la parentalité, je vous dis à bientôt!

 

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  • 1
    Partage

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.