Parentalité inspirante

Faut-il les laisser croire au Père Noël?

Faut-il laisser croire les enfants à Saint-Nicolas et Père Noël?

A l’approche des fêtes, je souhaitais faire une publication sur ce sujet. Je vais exposer mon point de vue, qui n’engage évidemment que moi, mais peut-être offre-t-il des pistes de réflexion intéressantes pour vous qui me lisez.

Les souvenirs de mon enfance

Je me souviens de mes Saint-Nicolas et de mes Noëls enfant. Mes parents n’avaient pas forcément de grands moyens, du coup on ne recevait pas de gros cadeaux, et pas beaucoup non plus. Mais je me souviens de cette période, comme d’une époque réellement enchantée. Pourquoi?

Je pense que c’est lié aux émotions qui me traversaient et que je partageais avec mon petit frère à ces occasions. Nous dormions dans la même chambre. Je me souviens que l’on se couchait le soir et on savait que Saint-Nicolas devait passer la nuit. On n’était jamais très sûr de la date… Mais à chaque fois que quelque chose traînait par terre dans le noir, mon coeur faisait un bond “oh, est-ce Saint-Nicolas qui est passé?!!!” Je me souviens de cette excitation, qui pouvait durer près d’une semaine. Et puis, un matin, ce n’était pas les pantoufles, mais le petit cadeau qui était là, à nous attendre. Je me précipitais dans le lit de mes parents en criant, “Maman ! Maman! Saint-Nicolas est venu!” avec tellement de bonheur. Et mon petit frère de m’imiter avec des gloussements de joie.

Aussi, je me souviens d’une Saint-Nicolas à l’école, où ils avaient décoré la salle de gym. On devait traverser une sorte de “jungle” pour arriver jusqu’au Saint patron. C’est un des meilleurs souvenirs que j’ai gardé de l’école. Et puis, je me souviens des sapins de Noël qui apparaissaient par magie dans le salon chez nous à la maison. Les magnifiques boules en verre, où j’adorais regarder mon visage déformé par la courbure de la boule, couchée sur le dos sur le tapis, mon petit frère rampant à côté de moi, les odeurs de cuisine des plats typiques que ma maman préparait. Les chants de ma grand-mère. Les cadeaux qu’on découvrait sous le sapin (mon préféré c’était un tourne-disque d’occaz que j’avais reçu et que j’ai adoré pendant des années).

Croire au Père Noël

Je pourrais continuer longtemps à décrire encore de nombreux autres souvenirs relatant cette période. Ils sont tous des souvenirs heureux, empreints de magie, de senteurs et de sensations douces et colorées.

Le pot aux roses

Et puis, un jour, j’ai plus ou moins pris mon papa en “flagrant délit”, en train de poser les cadeaux sous le sapin (je croyais qu’il était en train de les voler au début). Je l’ai interpelé. Mes parents m’ont expliqué ce qu’il en était, et que j’étais grande et que je pouvais savoir.

Je n’ai pas été triste, ni déçue, je ne me suis pas sentie trahie. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir fait l’objet de mensonges. Juste, je me suis sentie devenir grande. Accéder à un autre niveau de connaissance. Et de complicité avec mes parents.

Alors faut-il raconter ce “mensonge” aux enfants?

Je vais prendre un peu le contrepieds de ce qui est tendance en ce moment…

Mon fils s’apprête à fêter vraiment son premier Noël en conscience (il va avoir deux ans). Et je dois dire que j’ai hâte de décorer la maison pour lui, de lui faire un magnifique sapin. Il a trouvé des livres de Noël quelque part (dans le tas de ceux qu’on avait reçu d’amis, je pense), et me les apporte pour que je lui les lise. Ca m’étonne, car nous ne sommes pas allés vers lui avec cela (trop tôt encore!). Mais il montre un certain intérêt, qui lui vient je ne sais d’où.

Je pense qu’en effet, nous allons jouer le “jeu de Noël” avec lui. Les enfants adorent jouer à faire semblant, à croire à une autre réalité que la tangible. Pourquoi pas à celle-ci? Ils aiment rêver! Pourquoi ne pas le laisser rêver?

J’ai de merveilleux souvenirs de cette époque. Et à choisir, je demanderais à mes parents de tout refaire pareil.

Le cadeau du rêve

Avec l’âge, on rentre dans un monde de limitations, de cadre, d’obligations. Tout petit, on croit que tout est possible. Et on perd souvent cette conviction, cette assurance et le bonheur qui est découle, avec le temps. L’école, les parents, rappelle aux enfants la réalité. Il faut être rationnel. Même avant l’âge.

Je trouve que c’est dommage. Tout vient en son temps. La liberté que procure le sentiment que tout est possible (quitte à ce que ce soit un gros bonhomme qui passe dans la cheminée, pourquoi pas?) est un sentiment positif. Le fait de croire à quelque chose que l’on ne peut pas forcément expliquer a ses vertus et donne une dimention supplémentaire à l’esprit et est bon pour notre cerveau, selon moi.

Mettons, adulte, je me dis: je voudrais devenir blogeuse professionnelle et inspirer et aider les gens partout dans le monde. C’est presque comme croire au Père Noël! Mais est-ce pour autant impossible? C’est sûr que si je n’y crois pas, je n’y arriverai pas. Mais si j’y crois, et que j’essaie, peut-être arriverai-je à quelque chose? Ou du moins je prendrai plaisir en chemin?

Pour moi, encourager les enfants à rêver est un cadeau qu’on leur fait. Que ce soit via le mythe de Noël ou autre, le rêve fait partie de l’enfance. S’ils ne rêvent pas à cet âge-là, quand commenceront-ils?

Croire au Père Noël

Entre mythe et histoire

Ceci dit, je peux tout-à-fait comprendre les personnes qui trouvent toute cette histoire trop commerciale et superficielle et qui ne veulent pas embarquer leurs enfants là-dedans. Ou sont d’une autre confession, où ceci n’a pas sa place.

Mais pourquoi ne pas raconter ce mythe comme une histoire? Les enfants raffolent des histoires, nous le savons bien. En ce qui concerne Saint-Nicolas, le monsieur a réellement existé vers le 3e siècle. Nicolas de Myre aurait distribué sa richesse à des pauvres (d’où l’idée de cadeaux). Je pense qu’il est possible, si on ne veut pas entraîner ses enfants dans ce “mensonge” car cela nous met mal à l’aise, de leur conter ce fait historique. Et expliquer que les gens aiment bien rejouer cette histoire en souvenir du monsieur, en faisant semblant que c’est encore lui qui donne les cadeaux.

Nicolas de Myre est également considéré comme à l’origine du Père Noël. Selon Wikipédia, « L’idée que le père Noël est américain est partiellement vraie car la construction de ce personnage est en fait liée à l’histoire des migrants newyorkais ; c’est un personnage migrant, qui a pris un peu de tous les pays où il est passé et il est riche d’emprunts culturels divers. »

De même pour Noël, que l’on soit croyant ou non, il est possible d’expliquer les croyances liées à la personne de Jésus à cette occasion. “Noël renvoie au jour de la nativité, c’est-à-dire au jour de la naissance de Jésus : le père Noël est donc avant tout rattaché à une fête chrétienne.” Au passage, pendant longtemps, on a fêté la nativité et l’Épiphanie le même jour, c’est-à-dire le 6 janvier – le jour où les trois rois amènent des cadeaux au bébé Jésus pour fêter sa naissance – encore une explication pour l’échange de cadeaux.

La date en revanche est une convention, et correspond au solstice d’hiver. Une bonne occasion d’expliquer ce qu’est un solstice aux enfants? (“scientifiquement” et symboliquement)

Et si c’était juste un jeu?

Si vous ne souhaitez pas laisser croire vos enfants au Père Noël et autres, donnez leur un petit cours d’histoire. Expliquez leur pourquoi certaines personnes “jouent au jeu d’y croire”, surtout les plus petits, et pourquoi c’est sympa de respecter leur jeu et ne pas aller leur dire que c’est “faux”.

Après tout, quand les enfants jouent à la poupée et prétendent que c’est un vrai bébé, généralement, “tout le monde joue le jeu” et on ne va pas dire “hey, tu sais ce n’est pas un vrai”. De même lorsqu’ils jouent à la dinette, à la poursuite de voitures, au chevalier, etc.

L’argument du mensonge traumatisant

Cela n’engage que moi, mais je n’aime pas cet argument pour se sentir obliger de “leur dire la vérité”. En fait, ce qui me dérange, c’est que si l’argument de leur “dire la vérité et rien que la vérité” doit être valide, il faut être cohérent et ne jamais mentir, même pas par omission.

Or honnêtement, est-ce qu’on leur dit vraiment tout? Je ne pense pas. Aussi parce que nous les protégeons et qu’ils peuvent être trop jeunes pour faire face à certaines réalités “servies telles qu’elles”. On applique un filtre. Et même si je pense qu’une communication ouverte et franche est primordiale, il y aura des occasions où leur dire “crument” certaines réalités ne sera pas approprié.

Je parlais de mes parents plus haut: autant apprendre qu’ils avaient “joué la comédie de Noël” ne m’a pas blessée, que la découverte d’autres non-dits (dans des domaines vraiment sans aucun rapport) m’ont laissé des traces.

Célébration de la gratitude

Enfin, en remettant tout cela à ma sauce, je pense que le message que je souhaite faire passer à mon fils, à mesure qu’il sera capable de le comprendre est le suivant:

La vie est un miracle. Le fait d’être là, de l’avoir lui, défie ma compréhension et est magique. Célébrons la gratitude d’avoir déjà ce qu’on a. La gratitude d’avoir été capable de se payer ces cadeaux, cette nourriture, et la belle décoration dans sa maison chauffée le jour de Noël. La gratitude d’avoir ces personnes qui nous entourent pour le célébrer ensemble.

Croire au Père Noël

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