Parentalité inspirante

Les 5 compétences dont nos enfants ont besoin pour réussir

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Le monde change. Quelles sont les aptitudes et compétences dont nos enfants devront faire preuve pour réussir leur vie dans le monde de demain?

Le fait que le monde évolue n’est pas nouveau. En effet, le monde a toujours changé et la seule constante qu’on peut observer est précisément le fait que tout se transforme constamment.

La nuance, c’est peut-être la vitesse du changement. Non seulement le monde change, mais il se transforme à une vitesse grand V. Avec l’avènement de l’air technologique et du digital, tout s’est incroyablement accéléré. “The future is now”. N’avez-vous jamais l’impression de vivre dans un des films de science-fiction que l’on regardait il y a 20 ans? Avec nos tablettes, des fusées qui reviennent sur terre et atterrissent, des téléphones où on peut voir notre interlocuteur (Skype, quoi ;))), etc.

Qui aurait pu croire il y a 20 ans que nous en serons là. A l’époque, il n’y avait même pas internet!

De quoi sera fait demain?

S’il était difficile de prédire la direction que prendrait le monde à l’époque, je pense qu’il est encore plus difficile de deviner son aspect dans les 20 prochaines années. Comment préparer nos enfants à cela? Comment les aider à s’orienter dans ce tourbillon exponentiel, alors que nous-même ne soupçonnons pas le visage du monde de demain?

Tout comme nos parents l’avaient fait pour nous, nous essayons de munir nos enfants des meilleurs outils pour réussir leur avenir. A l’époque où je terminais mes études primaires, il était très bien vu et estimé de parler plusieurs langues. Cela était relativement “rare” d’être polyglotte. Comme j’étais bilingue à la base, mais parents y ont vu une surperbe opportunité pour moi de gagner ma vie. Leur raisonnement était parfaitement logique.

Mon expérience

J’ai donc fait cinq années d’études universitaires pour devenir traductrice. Et bien les amis, le temps que je fasse mon nid sur le marché du travail, l’impensable – l’impossible! – est arrivé: “google translate” et autres logiciels de traduction automatique ont vu le jour! Certes la qualité était catastrophique au début, mais ces programmes étant capables “d’apprendre”, ils se sont rapidement améliorés et sont devenus “acceptables”. Aujourd’hui, vu le coût et le temps nécessaire pour une traduction “humaine”, ce type de logiciel est utilisé à tous les niveaux pour remplir l’objectif de faire un passer un message d’une langue à l’autre. Point. Et tant pis si “ce n’est pas joliment écrit”.

Je ne l’aurais jamais cru! Et mes parents non plus! Mais force est de constater qu’on ne peut pas prévoir ni deviner les carrières qui apparaitront et disparaitront dans les années à venir. Un ami entrepreneur qui possède plusieurs restaurants, clubs, etc. disait justement il y a quelques jours que les habitudes de consommation ont complètement changé: les lieux publics ont de plus en plus de mal à se remplir; ce qui est à la mode un jour, ne l’est plus dans 6 mois, tout va très vite. Donc même une carrière de serveur, de cuisinier, etc. peut être remise en question…

Et cela sans parler de l’intelligence artificielle et toutes les applications qui en découlent, ni des robots/ androïdes qu’il n’est plus rare de rencontrer dans certaines pays asiatiques…

A quelle carrière, quel travail pourrait aspirer mon fils?

Je n’en pas la moindre idée!!! Peut-être que son futur job n’existe encore même pas à l’heure d’aujourd’hui! Alors comme le parer du bagage nécessaire?

Selon moi, quelque soit l’évolution du monde dans les années à venir, les cinq aptitudes / compétences suivantes feront la différence entre ceux qui auront une bonne chance de réussir… et les autres:

  • la créativité
  • la capacité de se connecter à ses émotions et de les gérer
  • le raisonnement critique
  • la capacité de se connecter aux autres avec authenticité et bienveillance
  • la confiance en soi

La créativité

La créativité dans un monde qui évolue très vite, où le digital prend le pas (tout ce qui pourra être automatisé le sera) est une des clés fondamentales.

Progressivement, il n’y aura plus lieu d'”encombrer” nos cerveaux avec des connaissances (dates, noms historiques, calculs simples ou complexes, mêmes des langues!), accessibles à tout moment par un simple clic sur internet à partir de nos smartphones que tout le monde a en permanence sur soi!

En revanche, la créativité ne se trouve pas en ligne. La capacité de trouver des solutions innovantes et imaginatives à des problèmes qui se posent est un produit de notre cerveau humain. L’aptitude à produire et à créer des choses, des concepts, des services qui n’existent pas encore est nourrie par notre créativité et notre imagination.

Comment encourager cette créativité chez nos enfants?

Il y a de multiples manières! Déjà, limiter leur temps d’exposition aux écrans est un bon point de départ. Ensuite, les “laisser s’ennuyer” permet de leur donner l’occasion de s’inventer une occupation, ce qui stimule leur créativité. Les exposer à l’art (la peinture, la musique, etc.) est également un bon moyen de stimuler leur sens créatif. En outre, ne pas les “innonder” de stimuli (beaucoup de jouets, d’activités encadrées, etc.) ne leur laisse pas le temps d’utiliser leur cerveau pour être vraiment créatif et imaginatif.

Par exemple, nous avons inscrit notre fils à la crèche de bois. Le concept réside sur le principe que les enfants passent énormément de temps en forêt et dans la nature (plus de la moitié de la journée, quelle que soit la météo). Ils ont peu de jouets à leur disposition (et uniquement lorsqu’ils sont à l’intérieur, et uniquement en bois). Lorsqu’ils sont en forêt, ils jouent avec des bouts de bois, des feuilles, des cailloux, etc. ce qui a pour effet de les laisser imaginer des jouets à partir d’objets de la nature.

La connexion à ses émotions et la connaissance de soi

Dans notre société, tout va très vite. Nous sommes très nombreux à courir du matin au soir, à essayer de satisfaire tout le monde, sans jamais s’arrêter pour écouter ce qui se passe en nous.

Aussi, nous réprimons souvent nos émotions, dans ce monde souvent sur-stimulant. Nous ne nous autorisons pas forcément à être tristes, fâchés, apeurés, ni même heureux parfois. Souvent, nous sommes orientés vers la performance. L’efficacité. Quid de nous préoccuper de ce qui nous distingue du reste du règne animal: nos émotions?

Nous les réprimons, les mettons de côté. Avec pour conséquences communes, des explosions d’agressivité, des dépressions, des pertes de sens. Nos émotions ont des choses nous dire, notamment elles nous indiquent si nous sommes en accord avec nos valeurs, nos convictions profondes. Notre humanité.

Comment encourager nos enfants à se connecter à leurs émotions?

Pour commencer, je pense qu’il convient de leur laisser le droit de ressentir telle ou telle chose: qu’il s’agisse de la peur, du regret, de la déception, de la joie, etc: ils ont le droit de les ressentir. Il vaut donc mieux éviter donc des phrases comme “arrête de pleurer, il n’y a pas de raison”, “”arrête de rire, de te moquer”, “arrêter de râler”, etc.

Il est important de leur apprendre à nommer cette émotion (par ex. “je vois que tu es fâché, mais tu dois quand même ranger ta chambre”), à l’accueillir (par ex. “c’est normal d’être triste quand on a perdu son jouet préféré”) et à la gérer eux-même (par ex. “j’ai confiance que tu arriveras à te calmer tout seul et nous rejoindras après”).

Il existe beaucoup de techniques pour apprendre à gérer ses émotions (et donc ses crises), comme la roue des émotions, aller frapper sa colère dans un coussin, etc.

Les émotions sont saines. Elles ont le droit, le devoir et l’utilité d’exister. Elles sont très brèves si on ne les “cristallise” pas (en les rattachant à des blessures du passé ou des angoisses futures). Amenez votre enfant à les accueillir en toute sérénité, à les regarder passer commise des nuages dans le ciel. Par exemple, grâce à la méditation pour enfant, la respiration profondes, les jeux de rôle, etc. La meilleure des techniques c’est de vous donner l’autorisation de faire de même. L’enfant verra votre  attitude et la répétera en miroir.

C’est étant connecté à ses émotions que l’on est connecté à soi. Que l’on apprend à se connaître vraiment. C’est la première étape pour se réaliser avec puissance et brio.

Le raisonnement critique

Pourquoi le raisonnement critique serait-il capital?

Nous sommes tous littéralement envahis d’informations. Nous sommes connectés en permanence, nous savons (ou plutôt avons l’impression de savoir) ce qui se passe à l’autre bout du monde, on nous dit ce qu’il faut manger, puis ce qu’il ne faut pas manger, ce qui est bon/ mauvais, comment vivre, comment travailler, comment se comporter; on nous donne des conseils, des recommandations, etc. qui sont même souvent contradictoires!

Dès lors, être capable de filter toutes informations de sorte à établir sa propre opinion est hyper important. Distinguer le vrai du faux, analyser, ne pas se laisser convaincre par des arguments fallacieux ou manipulateurs, démagogues ou autre est vraiment essentiel. Avoir une approche critique, intelligente est un rempart à des positions extrémistes souvent très réductrices.

Comment inculquer cet état d’esprit à nos enfants?

Une bonne approche est d’encourager les enfants à (se) poser des questions – chose qu’ils font déjà plutôt naturellement.

J’ai observé par exemple à la garderie que les enfants, très jeunes, se “donnent des étiquettes”. “Il est méchant”, “elle frappe”, etc. Si vous demandez à l’un ou l’autre pourquoi il dit cela, en quoi le petit garçon est méchant, ils restent souvent sans réponse. Je pense que c’est une belle opportunité pour les amener à réfléchir sur ce qu’ils colportent – est-ce bien fondé?

Aussi, leur laisser le droit d’avoir leur propre opinion est important. Tout n’est pas forcément blanc ou noir. Vous pouvez reconnaître à votre enfant que vous n’êtes pas d’accord, que vous avez une autre opinion. Mais c’est OK, vos deux points de vue peuvent cohabiter. Invitez-les à argumenter leur position avec des éléments factuels.

Plus grands, encouragez-les à croiser les sources d’information, à vérifier les sources d’information pour se faire leur propre idée. Tout en sachant que nous avons tous un biais et que notre vérité n’est pas nécessairement LA vérité.

La capacité de se connecter aux autres avec authenticité et bienveillance

La gentillesse et la bienveillance ne sont pas forcément les deux valeurs les plus “à la mode” entre les enfants… Rarement, les enfants considérés comme “cools” ou comme “leaders” entre eux sont des enfants “gentils”. Le plus souvent, ce sont des enfants qui testent des limites, qui fleurtent avec les interdictions, qui ont de l’humour bien affirmé, parfois même cassant, qui occupent ce rôle.

Mais pourquoi?

Je ne sais pas, je n’ai pas de réponse à cela. Je pense qu’on aime suivre les “plus forts”, parce qu’ils font ce qu’ils veulent, et incarnent vraiment qui ils sont. Ils n’ont pas peur de déplaire à l’adulte ou aux autres, ils ont un aura, parce qu’ils sont authentiques.

Ceci étant, je pense que la bienveillance et la gentillesse sont un atout majeur et très puissant lorsqu’elles sont combinées à l’authenticité. Quelle force, quel aura a une personne qui est fondamentalement bonne et qui cherche à apporter de la valeur aux autres! Sans jouer au “sauveur”, ni à la “victime”, juste en restant elle-même, mais tournée vers les autres. 

A cela peut se rajouter la capacité de se mettre à la place des autres, j’ai nommé l’empathie. Des chercheurs de Harvard ont récemment montré que l’empathie serait l’une des principales qualités des meilleurs chefs et grands leaders.

Comment susciter bienveillance et authenticité chez son enfant?

La réponse la plus directe est : en étant soi-même authentique et bienveillant par rapport à lui. C’est la base. Les enfants ne font pas ce qu’on dit. Les enfants font ce qu’on fait. Si on est “abrupte” avec lui, qu’on ne lui donne pas l’attention qu’il mérite, si on “casse” qui il est, il ne pourra pas faire preuve de bienveillance ni d’authenticité.

Il pourra être à son tour cassant par rapport aux autres, sur la défensive ou insensible. Il pourra se couper de qui il est, pour plaire à son papa ou à sa maman, il aura l’impression de devoir mériter leur amour. Et il mettra les autres en position de “devoir mériter” son amitié, il risquera de jouer un rôle pour se protéger et le “flow” naturel d’échanges et de dons en pâtira.

La confiance en soi

And last but not least, la confiance en soi. Ingrédient incontournable!

Combien d’autres nous se sont déjà dit “Oh là là, comme j’aurais aimé faire cela, si seulement j’avais confiance en moi”?

“Si j’avais plus confiance en moi, je pourrais parler en public sans problème, j’aurais pu aborder cet homme”. Ou encore “j’aurais demandé une augmentation, j’aurais fait le tour du monde, j’aurais accepté ce job, etc”.

Bonne nouvelle les amis: la confiance en soi n’est pas innée. Elle se cultive! Chez nous, comme chez nos loulous.

Comment on fait ça?

Il y a un moyen plutôt imparable que j’ai appris de mon mentor, le grand Martin Latulippe. Le passage à l’action. Et oui. L’action imparfaite, mais inspirante. Trop souvent, on se censure de passer à l’action car on a peur que ce ne sera pas parfait.

Et bien: ce n’est pas grave! Faire quelque chose, même imparfait, nous rapproche de notre objectif et nous donne de l’expérience. Ces expériences   finissent par constituer la base de notre compétence. Les expériences et la compétence nous donneront confiance.

Ensuite, il n’y a plus qu’à reproduire, encore et encore. La confiance viendra avec le passage à l’action! Tant que l’on reste dans sa tête, il ne se passera rien, ou même pire: on perdra confiance à force de procrastiner.

Et avec les enfants, comment on s’y prend?

Laissez-les faire leurs erreurs! Ne les punissez pas d’avoir essayé et râté. Valorisez leurs progrès, leurs efforts – et non les résultats! Encouragez-les à faire autant d’expériences que possible, pour qu’ils construisent leur compétence. Ne tuez pas le jaune dans l’oeuf. Tout vient avec le temps. Et la répétition. Laissez-les faire tout seul, tout ce qu’ils arrivent à faire seuls (ou presque) – pour autant, évidement qu’ils ne se mettent pas en danger.

Ne comparez pas. Surtout pas. Ne le comparez pas à sa soeur, son copain, à vous-même. Il doit être son propre baromètre. Toute amélioration, tout succès renforcera sa confiance en lui et il en aura d’autant plus de succès.

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