Parentalité inspirante

Maman et manager – même combat?

En quoi être maman et manager se ressemble et pourquoi c’est si difficile ?

Comme tout le monde, je rêve d’avoir un job parfait et une vie de famille épanouissante. Qui ne rêve pas de se réveiller le matin, plein d’énergie et d’enthousiasme pour partir au boulot ? Et de rentrer en pleine forme, retrouver ses enfants heureux et épanouis? Toutefois, la réalité est souvent plus complexe que cela…

Etant manager au travail et maman à la maison, cela fait beaucoup de responsabilités de toutes parts! Et je trouve que l’un est bien dans la continuité de l’autre… Quelles leçons puis-je tirer de cette expérience et vous partager pour être un parent imparfait inspirant?

Management et parentalité – même combat ?

Je me souviens d’une formation que j’avais faite à l’époque où j’étais responsable de ma garderie-centre d’études. La formation s’intitulait l’ « école des parents ». Je la faisais car elle proposait un contenu pédagogique fort intéressant dans le cadre de mon travail. Mais je n’avais pas d’enfant ! Enfin, pas à moi. La tête du formateur quand il m’a demandé combien j’avais d’enfants et que je lui ai répondu 1200 ! C’était en effet le nombre d’enfants fréquentant ma structure.

Croyez-le ou non, pendant cette formation, il m’est arrivé plusieurs fois d’ « oublier » que je suivais un cours pour les parents, et non pas un cours de gestion des ressources humaines !

Le management selon moi

Il y a autant de définitions du « management » qu’il y a de managers. Pour moi, le management ne consiste pas à m’imposer hiérarchiquement ou à donner des ordres. Mon rôle de manager, je l’ai toujours compris comme un rôle de soutien à mon staff, pour lui permettre de se réaliser au mieux. Noter que je parle de réalisation et non de performances.

Tout mon staff était qualifié en pédagogie, et bien plus que moi. Il savait donc ce qu’il y avait à faire. La seule question était : le faisait-il ?

Je me suis posée la question de savoir : qu’est-ce qui amène des personnes compétentes à ne pas déployer leur plein potentiel ?

Je n’ai pas de réponse définitive, je ne suis pas sociologue, mais basée sur mes observations et mon instinct j’ai conclu : le manque de motivation.

Une question de motivation

D’où vient ce manque de motivation ? À nouveau, empiriquement, j’ai observé que le manque de motivation vient essentiellement de trois choses : d’un manque de reconnaissance (ressenti ou réel), d’un absence de sens (utilité, contribution) et/ou d’une privation de liberté (de faire les choses comme on les estime correctes).

Ma « solution » pour que les gens « performent mieux » n’a donc pas été de les menacer, mettre sous pression, mettre en compétition, ou appâter avec une « carotte » salariale (chose qui m’était impossible de toute façon à mon niveau). Ma mission auprès de mon personnel a été de leur rendre ou d’augmenter leur motivation.

Comment ? En leur donnant la meilleure écoute possible et un feedback constructif (reconnaissance), en les aidant à mettre un sens sur ce qu’ils font et en mettant en évidence leur importance/leur utilité au sens de la boîte. Parallèlement, j’avais décidé de leur faire confiance (à leurs compétences et à leur jugement professionnel) en leur accordant une grande liberté et marge de manœuvre dans leurs actions. L’équipe comptait près d’une centaine de personnes.

En toute humilité (et quelle ne fut pas ma surprise ?!), j’ai eu droit à une « standing ovation » et à beaucoup d’émotions quand j’ai annoncé mon départ…

Et vous ? Cela vous parle-t-il ? Votre boss suit-il une approche similaire ? Aimeriez-vous être compris dans vos attentes professionnelles, soutenu dans vos moments de faiblesse sans jugement ? Aimeriez-vous que l’on vous fasse confiance pour que vous puissiez grandir « libre » au sein de votre entreprise ?

Et le rapport avec les enfants dans tout ça ?

Eh bien, vous me voyez venir : nos enfants sont comme nous ! (et oui, la pomme ne tombe pas loin du pommier !)

La reconnaissance

Les enfants aspirent ardemment (« crave » en anglais) à être reconnus. Par-dessus tout, ils veulent être acceptés, sans jugement de notre part, pour qui ils sont vraiment.

Ils veulent notre écoute et notre empathie (ou l’art de se mettre dans les chaussures d’autrui et d’essayer de comprendre ce qu’ils ressentent et ce qui est important pour eux, même si pour nous c’est trivial). Pour faire le parallèle avec mon staff : parfois les demandes du personnel n’ont pas l’air très importantes par rapport à d’autres gros problèmes que le management est en train de gérer, mais si c’est important pour eux (qui sont sur le terrain), c’est important. Il en va de même pour nos loulous : la couleur du gobelet choisi est importante à leur échelle et à ce moment donné où ils se mettent à hurler qu’ils veulent le bleu, pas le vert. Je pense qu’il faut respecter cela. Et ils en seront reconnaissants à leur tour.

La présence

Les enfants ont également un très grand besoin de notre présence. Une réelle présence et pas sur smartphone ! Imaginez-vous deux secondes en train d’essayer de parler à votre chef d’un truc important, pendant qu’il pianote sur son gsm en disant « oui, oui je vous écoute » (j’ai personnellement eu le cas avec un de mes chefs !)

La confiance

Enfin, ils ont un réel besoin qu’on leur fasse confiance. Pour qu’ils puissent se sentir compétents. Imaginez-vous votre chef qui vous dise : « je veux qu’aucune communication de votre part ne sorte vers l’extérieur, sans que je l’ai lue avant » (à nouveau, c’est du vécu). Comment pourriez-vous être motivé, vouloir grandir ou prendre vos responsabilités dans de telles conditions ? Mais, honnêtement, n’adoptons-nous pas souvent ce type d’approche à la maison avec nos enfants ? En justifiant qu’ils ne se blessent pas, ne cassent pas quelque chose, etc ?

La liberté

And last but not least : la liberté. Je pense que la liberté est sans doute la valeur la plus universelle de tous les êtres humains (ceci dit, c’est vrai pour les animaux aussi!). Le besoin de liberté est quasi vital. À quoi servirait-il de vivre, privé de liberté ? Ce n’est pas un hasard que les prisons soient des « punitions ». Si notre besoin de liberté n’était pas aussi grand, les prisons seraient un lieu de vacances hautement couru (imaginez: une expérience formule all-in, à durée d’autant plus étendue que votre crime est grave).

Adulte, nous n’aimons que l’on nous dise quoi faire, comment, quand. Nous n’aimons pas nous faire reprendre par notre chef, nous n’aimons pas nous justifier. Cela nous donne un sentiment d’infériorité et casse notre confiance en nous. Pensons-nous : « Ah, le chef sait forcément mieux, il est plus âgé, plus expérimenté, plus intelligent » ? J’en doute ! (c’est encore pire si le chef est plus jeune que nous ! ;)) À choisir, on préfère essayer à notre manière, quitte à apprendre de nos erreurs.

… et chez nos enfants?

Que pensez-vous qu’il en soit de nos enfants ? C’est la même chose ! L’argument que nous savons mieux qu’eux et que c’est « pour leur bien » ne tient pas ! En effet, qu’en savons-nous, VRAIMENT ? Nous avons nos croyances, nos expériences, nos rêves : c’est très bien. Mais ce sont les nôtres, ils n’appartiennent pas à nos enfants.

Faisons-leur le cadeau d’une liberté intelligente (oui, il ne faut quand même pas les laisser faire tout et n’importe quoi !), faisons-leur confiance, ainsi qu’à la vie. Ils ont plus de ressources qu’on ne le croit.

Alors pourquoi être maman et manager, les deux en même temps, est-ce si difficile ?

Je ne vous cache pas les amis que parfois, même pour moi, qui incarne la parentalité inspirante et positive (ainsi que le management inspirant et positif) c’est vraiment duuuuuur (il faut le dire avec l’accent « belche » de Belgique).

Prendre la posture d’humilité d’être là pour les gens (staff et enfant), pour les aider à s’accomplir et être à leur écoute demande ÉNORMÉMENT d’énergie.

Il est quelque part plus facile de crier sur les gens pour imposer sa vision, que de s’asseoir avec eux, et de prendre le temps (ce temps si précieux) pour voir ce dont ils ont vraiment besoin, de négocier un compromis et faire soi-même des concessions.

L’humain au centre

Il est très facile de s’oublier soi-même dans ce processus (tant comme parent que comme manager), de faire passer tout avant son bien-être perso (le bon fonctionnement de l’entreprise et de la maisonnée, le bien-être de son personnel et de sa famille). En tant qu’être humain, les mamans, les papas, les managers, ont également besoin de soutien de temps en temps. Ainsi que d’une oreille compatissante, et qui ne juge pas. Ils ont aussi besoin d’encouragement, d’empathie et d’une petite tape sur l’épaule (ou d’un bon gros câlin – plus approprié dans le cadre privé que professionnel peut-être 😉 quoique !)

La dés-humanisation des entreprises

N’êtes-vous pas d’accord avec moi pour dire que nous observons ces dernières années une sorte de dés-humanisation des entreprises ? Souvent, les « directions Ressources humaines » sont tout sauf… humaines.

Nos enfants sont les dirigeants, les employeurs, les employés, les indépendants, les professeurs, etc. de demain. Peut-être qu’en leur donnant enfant à la maison ce qu’ils auront besoin adulte au travail, nous parviendrons à amener plus d’humanité dans la société ?

Mes trois conseils

Au vu de ces réflexions, je partage trois astuces aux parents pour être inspirants et éviter certaines frustrations à leurs enfants (et donc crises) et à eux-mêmes:

  • n’imposons pas notre “agenda” à nos enfants: ce qui est important pour nous en tant que parent, n’est pas forcément ce qui est important pour eux; il importe de leur “laisser un peu d’air ” pour révéler leur personnalité et leurs aspirations à eux;
  • accordons leur une présence et une écoute de qualité (par exemple le quart d’heure magique): vous verrez, cela permet de se reconnecter et d’améliorer considérablement les rapports parents-enfants;
  • mettons l’humain / l’enfant au centre, plutôt que la performance, la perfection, etc.

Bravo à nous!

Ce qui est certain c’est que les papas, les mamans, nous pouvons nous féliciter pour le courage et la persévérance dont nous font preuve à la maison et en dehors, quelque soit notre job. Car dans ce monde ultra-rapide et ultra-performant, qui en demande toujours plus, il n’est pas aisé de continuer à toujours maintenir ses efforts et à donner le mieux à tout le monde qui nous entoure.

 

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2 thoughts on “Maman et manager – même combat?

  1. Bonjour, je découvre aujourd’hui ce blog et j’en suis ravie. Cet article m’a parlé au fond de mon coeur et il m’a rappelé tous les moments où je regarde mon téléphone alors que mon enfant me parle (mais qui est plus important???), les moments où j’ai juste envie de faire vite car j’ai 3 000 autres choses à faire, et je contrôle le quoi et le comment des actions de mes enfants. Et tout cela, alors que je partage comme vous ces valeurs d’humanité et à la maison et au travail. Je suis tout à fait d’accord : management et parentalité ont bien de choses en commun.. Or, il faut choisir de se remettre à apprendre, car le chemin n’est pas simple ni court à parcourir. Merci pour ces mots d’encouragement et de “remise dans l’ordre”!

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