Parentalité inspirante

Maman doit-elle rester à la maison avec les enfants?

“Je suis une bonne maman, avec ou sans laisser mon bébé à la crèche”.

Cette affirmation peut vous sembler étrange. C’est une affirmation positive que je me répète quand je culpabilise de ne pas être auprès de lui, autant que je le voudrais.

Mais pourquoi culpabiliser? Nous ne vivons pas toutes l’expérience de la crèche en bas âge de la même manière. Pour certaines mamans, c’est une chose qui se met en place relativement facilement peut-être (même si au début je pense que c’est difficile pour toutes). Pour d’autres, c’est quelque chose qui reste difficile. Je suis souvent dans ce deuxième cas.

Pourquoi autant de résistance?

Je crois que la réponse est à aller chercher dans mon histoire familiale. Ma maman a en effet arrêté de travailler “pour nous élever”, comme on disait à l’époque. Je crois que j’ai une sorte de loyauté (relativement) inconsciente par rapport à elle. Et ce, même si elle m’a toujours poussé à travailler et à être indépendante.

Mais ce n’est pas tout. C’est également culturel – et là je crois que l’influence est aussi profonde (bien plus en tout cas, que je ne l’imaginerais). Bien que je suis née en Belgique, mes deux parents sont d’origine tchécoslovaque. Il m’arrive donc de lire des articles sur la parentalité en tchèque et/ou slovaque.

La preuve par l’article

L’autre jour, je suis tombée sur un article où un jeune papa était choqué de ce qu’en “Occident”, on mette les enfants déjà à trois mois et demi à la crèche. Il est allé à un forum de parentalité et s’est rendu compte que “l’on y faisait la promotion de cette nouvelle mode” (c’est-à-dire de la crèche), pour le citer. Il n’en revenait pas qu’il n’entendait parler que de “carrière, droit de la femme de travailler, pédagogie, prise en charge”, etc. Les mots “tendresse maternelle, amour, senteur, attachement” n’apparaissaient pas selon lui dans le débat.

Le monsieur concluait que l’enfant a besoin que sa maman reste auprès de lui jusqu’à ses trois ans (et qu’elle ne reprenne donc pas le travail). Il s’agit d’une habitude encore répandue en République tchèque, où le congé parental peut durer jusqu’à trois ans. Car, poursuivait-il, c’est dans ces années que se fait tout le développement cérébral lié à l’attachement sécure. Globalement, il insinuait que les mamans qui retournent travailler rapidement sont “des matérialistes” qui privent leurs enfants de ce qui est le plus important pour leur développement.

Cet article m’a vraiment laissé une sensation douloureuse. Pour plusieurs raisons.

J’ai compris d’où venait ma difficulté de laisser mon doudou à la crèche. Et pourquoi je culpabilisais par moments. Je me suis rendue compte que j’étais écartelée entre deux pulsions. Et c’est bien cet écartelement qui me faisait mal. Bien que je rejetais la position du monsieur (consciemment), je me suis rendue compte qu’une part de moi (insconsciente) était quelque part d’accord avec lui. En effet, cela résonnait en moi du fait de mon éducation et de mon histoire familiale.

Dur dur d’être maman

En y réfléchissant, je me suis rendu compte à quel point il est difficile d’être une femme et une maman, travaillant ou non.

Si je prends mon cas (pour ne parler que de moi et ne pas émettre de jugements), j’ai fait plusieurs années d’études supérieures. J’ai bossé très (trop) sérieusement déjà à l’école primaire. Tout le monde (surtout mes parents) me disait qu’il fallait bien travailler à l’école pour avoir un bel avenir et réussir dans la vie. Une fois sur le marché du travail, je n’ai pas ménagé mes efforts (fidèle à moi-même). Je me suis hissée par le force de mon vouloir et de pas mal de sacrifices là où je suis à présent.

Toutefois, mon plus grand rêve a toujours été d’avoir une famille et un petit bout. Mais maintenant qu’il est là, faudrait-il que je renonce à tout ce travail que j’ai fourni pendant tant d’années?! Si j’avais su, je ne me serais pas “cassé la tête” pendant tout ce temps! (j’ironise quand même un peu ici) Concrètement, si je prenais maintenant une pause-carrière de six ans (trois années multipliée par deux enfants), nous devrions vendre la maison et partir du bon quartier où nous sommes (avec les bonnes écoles et les excellentes infrastructures). Mon mari ne PEUT pas financer tout avec son seul salaire. Est-ce que cela fait de moi une matérialiste?

Tout ça pour ça! Cela n’a pas de sens. Quel exemple serais-je pour mon fils si je lui montre qu’il faut se “sacrifier dans la vie”? Je ne pense pas que c’est cela dont je rêve pour lui dans la vie…

Et loulou dans tous ça?

En partant toujours de mon expérience (car c’est la seule où je peux évaluer), mon fils a vraiment l’air content d’aller à la crèche. Et je ne dis pas ça pour me dédouaner (comme peut-être l’insinuerait le monsieur tchèque). Il aime retrouver ses copains et son éducatrice préférée. Un de ses premiers mots était même le prénom de celle-ci! Quand on part en vacances, il répète leurs noms et veut voir leurs photos (trop chou!).

Je pense que c’est important pour lui de découvrir qu’il y a d’autres endroits que la maison, où il peut se sentir bien, en sécurité et aimé. Qu’il ne dépend pas que de nous, mais qu’il fait aussi partie d’une communauté. Dans ce sens, c’est une très bonne expérience, et à la refaire, je la referai. D’autant que nous n’avons pas d’autre famille à proximité qui pourrait constituer cette communauté pendant la journée.

D’un autre côté, je suis convaincue qu’en effet les enfants ont vraiment besoin de leurs parents, de leur amour et de leur présence. Ces besoins ne peuvent pas être satisfaits par les structures d’accueil, même si ils y sont bien. Il a été démontré maintes fois par les neurosciences (voir par exemple le travail de Catherine Gueguen) qu’ils ont besoin de la bienveillance et de l’attention de leurs parents pour se développer comme il faut.

A la maison

Avec mon mari, nous essayons toujours d’équilibrer sa “vie professionnelle” et sa vie familiale. Mon mari a pris un congé parental (voir la vidéo #3 du défi “Une vidéo inspirante par semaine” pour en savoir plus). Mes garçons passent ainsi un jour par semaine en tête à tête. Moi-même je travaille en 4/5 pour le récupérer un peu plus tôt tous les jours. De cette façon, je pense que nous avons trouvé un équilibre raisonnable pour chacun d’entre nous, en tenant compte au maximum de nos besoins communs et individuels.

D’un autre côté, je respecte sincèrement (et envie même par moments) les femmes qui font le choix de se consacrer à leurs enfants, quelques ou de nombreuses années. Mais il faut que ce choix soit fait par elles par conviction, et qu’il soit aussi une source de bonheur. Je sais que ce choix entraîne beaucoup de choses positives mais aussi des renonciations et des compromis. Et qu’il faut de la force pour le faire. Mais je pense qu’il ne faut pas que ça aille jusqu’au sentiment de sacrifice de soi. Car là on n’est plus dans la bienveillance…

Le choix

Ce qui est dommage et dur, selon moi, c’est qu’en tant que femme on n’a pas forcément le choix. Parfois, nous devons travailler pour des raisons économiques, même si on voudrait faire une pause. Dans d’autres cas, on est poussée à s’arrêter alors qu’on ne le souhaite pas vraiment…

Le bien-être de l’enfant est essentiel, mais je ne suis pas d’accord qu’il le soit au prix du bien-être de sa maman. D’ailleurs, selon moi, l’enfant sera difficilement vraiment épanoui, si sa maman (ses parents) ne l’est pas.

Se libérer de l’insconscient collectif

Ce que j’ai cependant appris dans cette histoire, c’est que mon “inconscient collectif” me joue des tours. Et qu’effectivement une partie de moi croit que je dois passer le maximum de temps avec mon fils, sinon je ne suis pas une bonne maman.

Comment prendre de la distance par rapport à cette croyance (ou d’autres)? La prise de conscience est déjà une première étape. Et super importante. Quand on met de la conscience sur quelque chose, on réduit sa force, elle ne peut plus “nous manipuler”.

Ensuite, je suis également tombée sur cet exercice de “déloyauté” proposé par Christian Junod dans son livre “Ce que l’argent dit de vous”. Il explique que nous reproduisons des schémas insconcients par rapport à notre famille (qu’il s’agisse d’argent, d’éducation ou de tout autre chose). Rompre avec une “tradition familiale” équivaut souvent à nos yeux à “trahir” nos ancêtres. Alors qu’il s’agit de deux choses complètement différentes. Je peux très bien aimer mes parents, mais refuser de reprendre la boulangerie familiale, par exemple. Je reste une fille aimante, que je reprenne la boulangerie ou pas.

En pratique

Christian Junod propose donc un exercice qui consiste à formuler à haute voix, les pieds bien ancrés dans le sol: “je suis déloyal à ma famille en faisant … (à compléter par vous), et c’est tout-à-fait ok”. Dans un deuxième temps, vous reprenez ce par quoi vous avez complété la phrase et vous dites: “je suis une bonne fille/personne, avec ou sans faire (…). Concrètement dans mon cas, cela devient “Je suis déloyal à ma maman, en travaillant alors que mon bébé est petit, et c’est parfaitement ok.” . Puis, “Je suis une bonne fille et une bonne maman, avec ou sans travailler malgré le jeune âge de mon fils”.

Vous retrouvez mon affirmation positive de départ 🙂 Pour l’avoir fait quelques fois et l’avoir vu en action chez d’autres personnes, je trouve cet exercice très puissant.

Avez-vous aussi certains blocages, où votre conscient et votre insconscients se disputent? Je vous invite à essayer de faire cet exercice, en l’adaptant à votre situation. Essayez-le, c’est un outil gratuit 😉

Si mon texte vous inspire, n’hésitez pas à me mettre des “like” de soutien et/ou à le partager. De même, s’il vous parle (ou même vous révolte), partagez vos commentaires.

Prenez soin de vous les artistes!

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